Qu’est-ce que la tradition ?

          Ce sont les reconnaissances et l’éminente situation internationale qui en résulte qui permettent de dire que la G.L.M. représente au Maroc la vraie Maçonnerie traditionnelle. La Tradition implique certains critères internes, auxquels elle se reconnaît. Quels sont-ils ? Poser cette question, c’est poser celle de l’essence même de notre institution. En termes clairs, qu’est-ce que la Franc-Maçonnerie?  Notre Rituel y répond par ces paroles simples, aussi éloignées qu’il est possible d’un système philosophique nébuleux : «La Franc-Maçonnerie est un système particulier de morale, enseigné sous le voile de l’allégorie au moyen de symboles».

Cette vérité se décompose, à l’analyse, en deux propositions :

1- SYSTÈME PARTICULIER DE MORALE.

          La base de cette méthode, ce qui la rend « particulière », n’est autre qu’une spéciale glorification du Travail. Elle s’explique par nos origines. Demeurés des constructeurs, nous avons transposé la destination des Outils.

2 - ALLÉGORIES ET SYMBOLES.

          Tout enseignement peut se concevoir de deux manières : la méthode rationnelle ou bien l’image. Sans méconnaître, certes, la valeur de la première, la Maçonnerie use de la seconde, au moyen de symboles. Elle ne fut pas la seule à en user. II n’est que de faire référence aux paraboles philosophiques.

          Cette méthode peut cependant ne pas convenir à certaines intelligences, même brillantes; telle est la raison pour laquelle tout homme n’est point initiable. L’initiation présuppose une sélection, une qualification et une vocation.

          Ainsi défini, l’idéal du Travail postule une technique. C’est l’Art. La Franc-Maçonnerie est donc essentiellement une ascèse, un mode de perfectionnement humain. C’est là le sens de l’image « Rendre cubique la pierre brute ». Une pierre isolée, si belle fut-elle, serait cependant un non-sens architectural. Sa finalité est d’être ajustée à d’autres pierres, en vue d’ériger selon certaines normes, dans l’ordre, l’équilibre et la beauté, le « Temple symbolique ». Le perfectionnement individuel conduit ainsi à l’idéal d’un ordre social. II faut cependant aller plus loin encore. L’Univers est visiblement une construction. Comme tout édifice, il révèle donc un Constructeur. L’esprit conçoit ainsi logiquement un Grand Architecte de l’Univers. On aperçoit dés lors sans peine comment et pourquoi, en biffant cette dernière formule de leurs Constitutions ou en la vidant de sa signification claire et précise, certaines formations se sont mutilées au point de perdre le support essentiel de tous symbolisme maçonnique. Le non respect de la Tradition peut être là, si l’on ose dire, touchée du doigt.

          La Maçonnerie s’interdit toutefois d’aller plus loin. Elle n’est pas une religion. Mais loin de contredire les religions, elle leur marque, bien au contraire, son respect en ne se substituant pas à elles. Elle est compatible avec toutes. Elles  n’est incompatible qu’avec l’athéisme. Ici cependant, une précision s’impose, touchant la conception qui, depuis les Constitutions d’Anderson, a été la sienne, du Grand Architecte de l’Univers. Attachée au respect de la liberté de conscience, la FM laisse la question de la création au libre arbitre de chacun. Le GADLU est avant tout un symbole. Le plus petit dénominateur commun du divin. Un principe transcendant, permettant à chacun, déiste ou théiste, de se reconnaître en lui. Et de travailler ensemble.

          En outre, et contrairement à une interprétation qui a toute la tradition maçonnique contre elle, la Franc-Maçonnerie n’entend pas d’avantage être une sorte de super religion qui les « coifferait »  toutes, ni une synthèse des religions. Comment pourrait-elle y prétendre ? Elle ne se proclame, en effet, dépositaire d’aucune Révélation. Un magistère maçonnique n’existe pas. L’Ordre maçonnique, n’empiétant sur le domaine d’aucune religion, est compatible avec toutes, ne se superpose à aucune, mais offre une spiritualité en quelque sorte latérale, et qu’il est le premier à tenir pour facultative, car non seulement nul n’est obligé d’adhérer à son idéal, mais c’est à une élite qu’il s’adresse.

 
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