Notre rite

Le Rite écossais ancien et accepté (REAA) est l’un des rites maçonniques les plus répandus dans le monde. Il fut fondé en 1801 à Charleston (États-Unis) sur la base des Grandes Constitutions de 1786, attribuées à Frédéric II de Prusse. C’est à l’origine un rite qui ne comportait que des grades situés au-delà du grade de maître.
Bien qu’il soit composé de 33 grades, il est habituellement pratiqué dans le cadre de deux organismes complémentaires mais distincts :
• une obédience maçonnique qui fédère des loges des trois premiers grades de la franc-maçonnerie ;
• une « juridiction » de hauts grades maçonniques, dirigée par un « Suprême Conseil », qui regroupe des ateliers du 4e au 33e degré.
Le R.E.A.A. Initie toute personne libre et de bonnes mœurs, tout homme de Foi, quelles que soient ses croyances, sa religion, sa philosophie, s’il est tolérant et prêt à adhérer aux deux devises de l’Ordre :
ORDO AB CHAO (L’Ordre à partir du chaos)
DEUS MEUMQUE JUS (Dieu et mon droit)

Définitions

• Le mot Écossais est difficile à définir, et il évoque un système concurrent du système anglais, né en Ecosse au XVI ème siècle qui est apparu en France dans le milieu des Stuartistes réfugiés à St Germain en Laye, à la fin du 17 ème siècle, d’où ont essaimé de nombreuses Loges à Paris. Le terme écossais a été relié secondairement au système de Hauts Grades, l’Ecossisme, apparu aux environs de 1740, sans référence géographique.
• Le terme Ancien se rapporte à la Grande Loge des Anciens, fondée par Laurence DERMOTT, mais après la Grande Loge moderne de Londres. Les rapports très complexes entre Modernes et Anciens rendent difficile toute distinction nette. Cependant, on peut reconnaître aux Anciens une spécificité traditionnelle, éprise de rigueur.
• L’épithète Accepté, se réfère à l’acceptation dans les Loges symboliques, de membres extérieurs au Métier, dirigeants politiques, aristocrates,… ce qui a certainement favorisé l’essor des Hauts Grades de l’Ecossisme.

Spécificités

1) Sources du Rite .
De nombreux courants initiatiques ont participé à la structure du Rite, et on peut affirmer que l’Ecossisme a reçu des apports de nombreuses Traditions:
• Egyptienne avec son rameau hermétique
• Grecque, orphique et pythagoricienne
• Hébraïque avec sa branche Cabbalistique
• Chrétienne avec l’Alchimie
• Et surtout Chevaleresque à travers les influences teutoniques et templières.
Le R.E.A.A. réalise, en fait, une rigoureuse unité/totalité, et se définit comme un Ordre initiatique, traditionnel, maçonnique, chevaleresque, international, et universaliste.

2) Le but.
Le but final du R.E.A.A. est, comme le précisent les Grandes Constitutions de 1786, « l’union, le bonheur, le progrès, et le bien être de la famille humaine, en général, et de chaque homme individuellement ».
La démarche initiatique du Rite se fait à la Gloire de Grand Architecte de l’Univers, dont l’interprétation est du seul ressort de chacun, avec la présence en Loge du Volume de la Loi sacrée, traditionnellement la Bible, mais à la GLM le Coran, ouvert sur l’Autel des serments.
L’initié entame une quête spirituelle, à travers la recherche de la Parole perdue, qui transcende progressivement son individualité, et l’élève au niveau de l’absolu, en réconciliant la matière et l’esprit, vers cette intelligence que l’on désigne comme le Principe, vers ce que l’on peut définir comme l’état du Saint-Empire, dont le mythe peut être considéré comme le fondement de l’Ecossisme.
Quelle que soit la complexité d’une telle approche, le Saint-Empire, qui implique une certaine idée de la Tradition et le sens de la réalisation spirituelle sur le plan ésotérique, ne peut être dissocié d’une réalité historique qui a voulu réunir l’autorité spirituelle et le pouvoir temporel.
Les débuts, l’histoire et la décadence du Saint Empire romain germanique, s’inscrivent essentiellement entre l’aventure de Frédéric II de Hohenstaufen, au treizième siècle, qui rêve la dimension spirituelle d’un Saint- Empire, synthèse des modèles perse, romain, byzantin et de l’islam, dont l’Empereur est le médiateur entre le Ciel et la Terre, et Frédéric II de Prusse, qui signe les Grandes Constitutions.
Comme le rappelait le T.ILL.F. Bernard Guillemain : « Deux traditions, l’une politique, l’autre spirituelle du Saint-Empire ont coexisté. Les Grandes Constitutions de 1786 formulent une version de la tradition spirituelle ».
C’est dire combien le concept d’imperium inspire progressivement les degrés de l’Ecossisme, jusqu’à devenir le mythe du Saint-Empire, alors que s’éloigne le mythe d’Hiram, et comme tout mythe, il nous invite à découvrir sa somme ésotérique, à nous donner accès à une dimension autre, et à révéler l’immanence du Principe. Cet empire chacun doit d’abord le construire individuellement, par la possession des fonctions royale et sacerdotale, dans une tension permanente vers l’Absolu, mais cette réalisation personnelle doit déboucher sur une action collective, créant une fraternité à travers une vision sacrée du monde, vers l’unité des peuples et de la société. Aussi bien sur le plan temporel que spirituel, l’Empire est un monde organisé autour d’un centre.

3) La méthodologie.
La méthode écossaise est basée sur une conception traditionnelle de l’homme : corps, âme, et esprit, et sur des voies de réalisation spirituelle correspondantes, voies de connaissance, d’amour, et d’action, hiérarchisées mais en fait étroitement mêlées.
La démarche initiatique écossaise, propose une progression lente et structurée vers la Connaissance en trente trois degrés, qui sont autant d’états à réaliser, pour créer dans l’être un certain degré de plénitude.
Ces états sont à l’image des voyages décrits par Dante, dans la Divine Comédie, et ils amènent l’initié à des purifications successives, après des étapes de dégradation puis de perfectionnement vers sa source, l’immanence divine reflet de la transcendance. Cette progression passe par un développement harmonieux, et une éthique élargie, bien au -delà d’une simple morale. Elle n’est nullement dogmatique, et il appartient à chacun de chercher sa propre vie spirituelle en toute liberté, nul ne pouvant se substituer à l’autre.
Le R.E.A.A., placé sous l’égide du G.A.D.L.U., a d’abord pour but de faire comprendre l’ésotérisme des trois premiers degrés symboliques, qui demeurent des degrés essentiels.
Les Hauts Grades qui leur succèdent permettent d’approcher progressivement l’ésotérisme des degrés symboliques, notamment à travers les problèmes posés par la cérémonie du troisième degré.
La hiérarchie des trente trois degrés, pyramide avec base et sommet, se décompose ainsi :
• Les Loges Symboliques ou Loges bleues du 1er au 3ème degré
• Les Loges de Perfection, ateliers du 4ème au 14ème degré, ou degrés Salomoniens.
• Les Chapitres, ateliers du 15ème au 18ème degré.
• Les Aréopages, ateliers du 19ème au 30ème degré .
• Les Tribunaux, atelier du 31ème degré.
• Les Consistoires, atelier du 32ème.
• Le Conseil suprême, atelier du 33ème .
Cette hiérarchie est couronnée, par le Suprême Conseil qui détient, sous la direction du Très Puissant Souverain Grand Commandeur, la responsabilité exclusive de la conservation de la doctrine, et du gouvernement de l’Ordre, à l’intérieur comme à l’extérieur de la Juridiction.
Un Atelier ne peut qu’examiner une demande ou une proposition, et formuler un avis. Seul le Suprême Conseil a pouvoir de décision, et exerce une souveraineté aristocratique.
Quant à ses rapports avec le monde profane, l’Ecossisme ne s’autorise pas une intervention directe dans le monde. Tout le travail en Loge est basé sur un perfectionnement constant de l’initié, et aucune discussion politique, confessionnelle, ou autre n’est autorisée. Ce n’est pas pour autant que le maçon écossais doit rechercher une vie érémitique, bien au contraire. Son travail de distanciation d’avec l’événement, lui permet l’éthique et le recul nécessaire avant de s’impliquer personnellement, et peut, en actualisant la voie intérieure, l’aider à devenir un modèle.
Deux cents ans après sa création, le R.E.A.A. nous confirme aujourd’hui encore sa fonction de gardien de la Tradition, et sa vocation à l’universel.

 
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